L’importance du simulacre aux yeux de certains

Toronto, samedi 13 avril 2013. À peine dix minutes après le début de la partie, les Maple Leafs mènent déjà par trois. Le gardien vedette du Canadien, Carey Price, n’a reçu que quatre lancers et l’entraîneur annonce alors un changement devant le filet.

En lisant un article de La Presse sur le résultat du match, j’ai été étonné de voir la scène sur la photo que je vous présente ci-dessous. Je me suis dit qu’il fallait absolument que je mette ça sur mon blogue!

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Observez bien, pas un, mais les DEUX spectateurs situés derrière la baie vitrée. Parmi les quelque 20 000 personnes présentes au Centre Air Canada, ils sont le plus près de l’action, ce qui est peu banal. Considérant le nombre de matchs au cours d’une saison, un changement de gardien arrive peu souvent et c’est une chance inouïe de pouvoir vivre un moment comme celui-là et d’observer d’aussi près les deux cerbères de l’équipe.
« Malheureusement » pour ces hommes – combien d’entre nous aurions aimé être à leur place pour vivre ce moment? –, le temps que dure le changement de gardien sur le bord de la bande versus le temps de prendre et surtout, de vérifier les clichés pris sur leur cellulaire, les deux hommes manquent totalement l’action. De par leur geste de regarder une image sur leur appareil, surtout à ce moment précis, ils donnent tout le sens de ce que représente un simulacre.

Une petite remarque en passant,  j’aime beaucoup l’effet d’isolement du « mur » (The Wall) que représente la baie vitrée. Les deux spectateurs sont en effet dans leur propre monde, séparés de la réalité, occupés à vivre de façon individuelle dans une collectivité, une représentation figurée. Dans le même ordre d’idée, on pourrait dire que la bande de la patinoire sépare également les deux gardiens dont Price, en l’occurrence, qui n’y a dorénavant plus accès.

Un dernier mot avant de terminer ce billet.  Le gardien Carey Price regarde le seul écran (tableau indicateur) qui lui est accessible dans l’amphithéâtre. Bref, dans cette scène, trois des cinq personnages ont les yeux rivés sur une déréalisation. Quant au soigneur, situé derrière le banc, il communique – par le biais d’un micro – avec quelqu’un qui est ailleurs physiquement. Autrement dit, quatre des cinq personnes communiquent, visuellement ou oralement, avec quelqu’un qui n’existe pas physiquement dans la scène, et ce, à l’instant présent. Les tiers utilisés, les écrans et le microphone, déréalisent la situation.

Nous ne sommes vraiment plus loin de l’ère du « Redo » (Black Mirror).

Big Brother, the redo

À regarder l’émission Black Mirror lors du dernier cours, je me suis mis à penser à la chance que j’ai – même si cette émission est de la fiction – de ne pas avoir à porter au quotidien, ce « karma » qui consiste en la possibilité de revoir visuellement, chaque tranche de mon passé ainsi que celle de mon entourage, par le biais d’une puce intégrée au corps humain.

Quoi qu’il en soit, dans notre société contemporaine, l’enregistrement de nos faits et gestes à tout moment ainsi que le panoptisme – le regard à notre insu – existe bel et bien. Dans les propos qui suivent, vous verrez que nous sommes loin de passer incognito.

VIDÉOSURVEILLANCE

La vidéosurveillance est un système de caméras et de transmission d’images, disposé dans un espace public ou privé pour le surveiller (Wikipédia). Ce système a pour but premier de sécuriser les lieux en question ou de contrôler certains comportements comme nous en voyons partout dans les guichets automatiques. Le Royaume-Uni, et plus précisément Londres, est la ville étant la plus surveillée d’Europe. Les citoyens londoniens sont scrutés jour et nuit, à tous les coins de rue, sous l’oeil de la caméra. Il va sans dire que cette façon de faire est très controversée, car elle porte atteinte à la vie privée et met en danger les libertés individuelles.

Selon Scotland Yard (nom du quartier général de la Metropolitan Police Service (police) de Londres), il y avait en 2008, 500 000 caméras à Londres et plus de 4 millions au Royaume-Uni au total. En France, on parle de 340 000 (2007). À Zurich, toutes les gares sont équipées de vidéosurveillance. Un projet pilote est aussi mis en place pour les quartiers fréquentés par les prostituées.

À Genève, la surveillance est omniprésente. Le graphique présenté ci-dessous nous informe des statistiques aussi loin qu’en 2001. Imaginez les chiffres en 2013! Image

Les routes sont également truffées de caméras. Ces dernières sont réparties en plusieurs catégories :

  • Caméras de surveillance en réseau;
  • Radars automatiques;
  • Caméras de carrefour;
  • Caméras de couloir de bus;
  • Caméras de péage routier;
  • Caméras de franchissement de passages à niveau.

Les stations-service, les magasins à grande surface, les dépanneurs sont tous équipés de vidéosurveillance. Au niveau individuel, bon nombre de citoyens ont aussi une caméra installée sur le terrain de leur propriété privée.

Sur le marché, on assiste également à toutes sortes de gadgets miniatures permettant d’enregistrer, à notre insu, nos faits et gestes. Voici quelques exemples :

De plus, on pourrait ajouter que toutes les caméras photo ont maintenant la fonction vidéo. Sans contredit, l’avènement du téléphone intelligent est l’objet par excellence pour capter le quotidien en tout temps, et bien entendu, d’enregistrer la vie privée de tous. Il n’y a qu’à regarder sur Youtube pour s’apercevoir que la masse est devenue, elle-même, un Big Brother.

L’effet boomerang de la baisse de qualité de la médiation

Récemment pour l’un de mes billets sur ce blogue, j’ai écrit un sujet sur la chute de la publicité papier. Depuis l’avènement d’Internet, les publicistes se tournent vers l’autoroute électronique au détriment des journaux traditionnels.

Sur le site News.fr, on nous annonce que pour la première fois depuis la récession de 2007 aux États-Unis, certains journaux commencent à retrouver le seuil de la rentabilité grâce aux abonnements numériques.

Selon un rapport du centre de recherche Pew, 450 des 1380 quotidiens américains optent maintenant pour des offres numériques payantes à leurs lecteurs. En plus de stabiliser les revenus, cela permet de diminuer la dépendance face aux publicités qui tapissent généralement les pages d’une version papier.

Il va sans dire que l’évolution rapide des médias sociaux sur le Web (wikis, blogues, sites d’information, etc.) a rapidement changé la donne au niveau des journaux. Beaucoup d’entre eux ont commencé à expérimenter et à exploiter de nouvelles sources de revenus et ont procédé à des changements majeurs dans leur organigramme afin de s’adapter à cette nouvelle conjoncture économique.

Ainsi, certains quotidiens délaissent leur grand bureau situé au centre-ville afin de s’installer dans des espaces plus restreints et à meilleur prix. Quand on sait que les salaires sont les plus grandes dépenses d’une entreprise, certains journaux coupent également dans leur personnel afin d’abaisser encore les coûts d’exploitation. Par conséquent,  on assiste à un manque d’effectifs sur le terrain qui s’avèrent utiles, voire fondamentaux à révéler des histoires, à creuser celles qui émergent ou à vérifier la validité de leurs sources.

À court et moyen terme, cette pénurie de personnel peut affaiblir la crédibilité du média face à sa clientèle en vertu de l’incapacité à émettre une information judicieuse, actuelle, complète, et ce, à cause d’une médiatisation inadéquate. Ainsi, toujours selon le centre de recherche Pew, 31 % des Américains disent avoir renoncé à lire un journal, car il ne leur fournissait plus les informations auxquelles il les avait habitués.

À partir de ce fait, comment une entreprise, déjà déficitaire au niveau de ses revenus – baisse des ventes du journal papier et diminution des publicistes –, pourra rehausser sa prospérité financière par le biais du Web si la médiation disponible est pauvre en contenu ou erronée? Poser la question, c’est y répondre.

Effet de masse : le contrôle par le regard

Le cours de la semaine passée portant sur le panoptisme – le contrôle par le regard – m’a inspiré pour ce billet. En effet, j’ai pensé à certaines situations de la vie qui nous confrontent à ce genre de phénomène. Vous reconnaîtrez peut-être quelques-unes de vos réactions dans la liste qui suit :

  • Au supermarché, vous faites tomber par inadvertance, un pot de cornichons qui se fracasse sur le sol. Quelle est votre première réaction? Aller chercher immédiatement un commis de l’épicerie ou bien regarder à gauche et à droite afin de voir si personne ne vous a vu?
  • Vous aimez porter un vêtement « original » à la maison, mais vous hésitez à le porter en public.
  • Vous attendez en file. On pourrait entendre une mouche voler. Soudain, quelqu’un dans le groupe éternue. Est-ce que vous vous dites inconsciemment : « Je suis content que ce ne soit pas moi! » et vous jetez un regard furtif autour de vous afin de voir si les autres personnes regardent celui ou celle qui a éternué et observer leur réaction?
  • Peu importe la vitesse à laquelle on file en auto, il est immanquable de regarder son odomètre lorsqu’on croise une voiture de police.
  • Vous arrivez dans une salle d’attente. Dès ce moment, avez-vous une préoccupation soudaine de jeter discrètement un regard afin de savoir qui s’y trouve et qui peut vous observer?
  • Quelqu’un vous regarde à votre insu. Tout à coup, vous croisez son regard. Vous vous regardez mutuellement. Avez-vous l’habitude de soutenir votre regard jusqu’à ce que l’autre regarde ailleurs? Si oui, est-ce que vous avez eu l’impression d’être en position de force, de domination? Êtes-vous inconsciemment déçu lorsque le contraire vous arrive?
  • Le professeur cherche un volontaire dans la classe. Faites-vous semblant d’être occupé et de ne pas être à l’écoute? Baissez-vous systématiquement les yeux?
  • Vous êtes assis dans l’autobus qui est presque rempli au maximum de sa capacité. Le banc situé à côté de vous est libre. Un nouveau passager embarque et marche dans l’allée centrale. Allez-vous éviter son regard par peur qu’il vous demande s’il peut prendre place?

Comme vous pouvez le constater, la vie nous amène souvent à  jouer  le « jeu du regard » face à certaines situations. Parfois, nos réactions sont instantanées et sans même y penser, un réflexe survient de façon naturelle. Dans certains cas, nous pouvons considérer ce phénomène comme une relation « dominant-dominé ». Le regard, et par conséquent, la réaction, peut nous en dire beaucoup sur la personnalité d’une personne, voire même l’intégrité d’un individu. Si le regard nous guette, il se peut que nous agissions davantage de façon positive ou correcte, que nous adoptions un comportement basé sur le respect des choses et des gens qui nous entourent. C’est un peu le fondement du principe de « Big Brother is watching you » décrié par George Orwell.

Malheureusement, dans une société, il y aura toujours une portion de la masse qui franchira la barrière de la moralité.

AUBAINE! AUBAINE! ***Spectacle et simulacre*** Deux pour le prix d’un!

Cette semaine, j’aimerais réfléchir à la réflexion sur l’instant présent de mon collègue Richard Rabillon ainsi qu’à l’instant présent de Réflexion et Média et j’aborderai deux thèmes que nous avons vus en classe : le spectacle et le simulacre.

Le spectacle de Guy Debord : réputation négative
Je suis d’accord à dire que vivre le moment présent découle d’une certaine individualisation. Celui-ci s’opère habituellement par une forme d’intériorisation, c’est-à-dire qu’il faut être conscient de son « moi » au moment présent (hic et nunc) comme si notre propre spectre pouvait s’élever et nous regarder d’en haut. Autrement dit, il faut s’enraciner dans le présent et savoir s’arrêter devant le spectacle qui s’offre à nous. Ce spectacle peut être celui de Guy Debord, c’est-à-dire, soit irréel ou réel et factice – et il faut en être conscient –, ou encore celui, par exemple, d’un paysage naturel (forêt, chaîne de montagnes, lacs) qui nous entoure et qui nous émerveille par sa beauté et son aspect tout à fait naturels, et dans ce cas-ci, une image réelle de la vie à 100 %.

Le quotidien est parsemé de parcelles de bonheur. En fait, presque tout peut se transformer en moment heureux (et le contraire est aussi vrai). Je dirais qu’il s’agit ici, d’une question d’attitude et d’être suffisamment conscient afin d’être à l’affût et en mesure de capter ces dites parcelles. Moi le premier, j’ai tendance à voir le spectacle de Guy Debord, comme un aspect négatif de l’évolution humaine et surtout, de me sentir manipulé. Ce qu’il faut savoir, c’est que notre pensée nous appartient – et à nous seuls –  et que nous avons un certain pouvoir décisionnel face à la séduction et à l’aliénation que nous propose la mise en scène sociétale à laquelle, nous, gens de la masse, sommes confrontés au quotidien. Certaines valeurs nous paraissent imposées par la société – et c’est vrai!, – mais souvent, c’est bien parce que nous ne prenons pas conscience du phénomène et on se laisse berner par une publicité qui nous influence dans nos choix. Je pense que savoir s’arrêter, c’est un peu comme celui qui sait écouter : c’est une vertu.

Naissance d’un simulacre
Concernant le texte de Réflexion et Média, mon opinion est que l’instant présent d’un spectacle permet l’apparition du peuple – un petit peuple, soit, mais peuple quand même! – de façon éphémère. Le « nous » reprend soudainement une pseudo vie, car tous ses membres vivent au même diapason. Une synergie s’installe pour la durée du spectacle : tous ont, sans équivoque, un goût commun qui les rassemble dans la salle et leur psychisme, au hic et nunc, ont le même regard et la même attention.

Tout au long d’une prestation, disons rock, nous assistons à une fameuse simulation. Dès le départ, sur scène, les musiciens nous paraissent plus grands que nature et semblent arrivés tout droit d’une autre planète. Au gré de la musique, jumelée à quelques consommations ou abus de produits illicites, nous nous sentons invincibles et plus fringants. Comme par magie, les gens deviennent expressifs en laissant tomber leur gêne, chantent à tue-tête (ou lip sync?), font semblant de prononcer les bonnes paroles, miment, et savent tous jouer de la guitare. Soudainement, nous sommes en face – ou faisons partie – d’un simulacre synchronisé qui permet l’évasion tant souhaitée : nous sommes tous devenus des vedettes rock.

Et dès la fin du dernier rappel, le petit peuple de guitaristes s’évapore en fumée… parmi celles des produits illicites.

Le spectacle de l’épicerie

Nous sommes tous confrontés à faire notre épicerie de façon régulière. Vous êtes-vous déjà arrêté un instant pour réfléchir à la disposition des produits? Est-ce que ceux-ci sont placés sur les tablettes pour nous faciliter la tâche ou selon un certain ordre de popularité? Détrompez-vous! Les stratégies marketing des épiciers convergent vers un seul but : vous faire dépenser davantage afin d’augmenter leur marge de profit, et ce, même au détriment de votre santé!

Selon un article de Passeport Santé.net, les consommateurs sont plutôt impulsifs à faire l’épicerie. Et c’est pire si on y va le ventre vide! Pour la plupart d’entre nous, faire son supermarché est une tâche dont on se passerait volontiers. Plus vite qu’on réalise celle-ci, mieux c’est. Par conséquent, nous ne sommes pas tous attentifs aux spéciaux factices et à l’emplacement des produits qui nous sont présentés.

Toujours dans cet article, on nous dit que chaque épicerie possède un plan qui détermine de quelle façon les produits doivent être disposés sur la surface du plancher ainsi que les différents départements.

Par exemple, à l’entrée de l’épicerie, on y retrouve souvent les fruits et légumes, car tout le monde est rempli de bonnes intentions. En effet, chaque être humain devrait, pour se maintenir en bonne santé, consommer 5 portions de fruits et de légumes frais par jour, mais peu s’y conforment. C’est un mal nécessaire, car il est vrai que c’est beaucoup plus excitant de déguster une bière avec un sac de croustilles ou encore une grosse barre de chocolat ainsi que quelques framboises en jujube plutôt que de se taper une orange fibreuse, qui a mal mûrit, ou encore une ou deux tranches d’ananas provenant d’un fruit qu’il faut éplucher et couper au préalable avant que nos papilles puissent en profiter d’une quelconque façon. Donc, aussi bien commencer notre supermarché par ce qui nous paraît le plus fastidieux. On achète des fruits, des légumes, on se donne bonne conscience, et on se permet, par la suite, les gâteries qui nous font déjà de l’oeil à l’horizon. Et pour nous ouvrir l’appétit, une agréable odeur parfume les lieux, celle-ci provenant de la boulangerie située non loin de l’entrée.

Stratégiquement, les produits alimentaires considérés comme de base sont toujours placés tout autour des allées. C’est le cas de la viande, des produits laitiers et même… de la bière! Cette disposition nous incite à voyager d’une rangée à l’autre, de l’avant jusqu’à l’arrière du supermarché dans le but de voir tous les produits et spéciaux et par conséquent, de consommer davantage.

Il y a mille et un trucs pour nous faire dépenser. En voici quelques-uns :

  • L’été, un spécial sur les boulettes de viande hachée engendre la vente de pains hamburger qui ne seront sûrement pas en rabais durant la même semaine;
  • Un spécial sur la boisson gazeuse favorise la vente des croustilles qui sont situées juste à côté;
  • Produits cadeaux chez IGA Extra : si c’est une trempette, cela nous fait penser d’acheter davantage de légumes; si c’est une préparation pour gâteau, ça nous prendra nécessairement un glaçage. Il est à noter que les produits offerts en cadeau sont souvent des produits peu connus ou qui ont besoin d’un tremplin publicitaire afin de mousser leur vente. Ainsi, il est probable que le consommateur l’adopte et le consomme de façon régulière.

Afin de vérifier les dires de l’article mentionné plus haut, j’ai moi-même été faire une visite au supermarché. Je profite de l’occasion pour vous partager également certaines réflexions…

Cliquez sur les images pour agrandir.

Dès qu’on entre dans le supermarché, le doux parfum de la boulangerie est omniprésent.
02_gateaux_patisseriesDès qu’on a franchi le département « santé » des fruits et légumes, les gâteaux et les pâtisseries nous disent « Bonjour! »
03_viande_hacheeLe produit au meilleur prix/kilo se situe au bas de l’étalage, là où les gens regardent le moins souvent.
04_poissonDirectement au niveau des yeux apparaît le morceau de poisson le plus cher disponible.
05_confitureIci, le produit au prix spécial est plus cher qu’un autre produit équivalent au prix régulier.
06_cafeAu département du café, les meilleures aubaines sont dissimulées au bas des allées secondaires.
08_rangees_arrieresAu bout des îlots situés à l’arrière du supermarché, nous avons droit à plein de « cochonneries ».
09_rangees_arrieresDes boissons gazeuses au bout de l’îlot pour nous faire « tripper des bulles ».
10_rangees_avantDans les îlots situés à l’avant de l’épicerie, on prend soin de l’image de l’entreprise :
des produits laitiers et autres produits « passables ».
11_mayonnaiseLe produit le plus cher et celui qui obtient la meilleure visibilité. Parfois, nous sommes chanceux : un spécial accompagne le produit le plus dispendieux…
13_biscuitsLes produits utilisant des images connues comme des personnages à la télé sont placés stratégiquement afin que les enfants les repèrent rapidement.
14_creme_glaceeLa crème glacée et autres friandises congelées ornent le mur du fond de l’épicerie. L’endroit est incontournable.
15_biereAvant d’arriver aux caisses, la bière nous rappelle qu’il est souvent difficile de résister à la tentation.

L’épicerie séduit nos sens (la vue et l’odorat) par le biais d’une dissimulation de stratégies commerciales ayant pour but de nous offrir le fameux spectacle dont parle l’écrivain Guy Debord. Ce spectacle n’est aucunement relié à la préoccupation de notre santé physique ou à celle de notre portefeuille. Encore une fois, la seule vérité existante est qu’il faut consommer, coûte que coûte.

Que ce soit au niveau de la disposition des produits sur les tablettes ou encore des mille et un sophismes inscrits sur les étiquettes, le but est de nous berner afin d’influencer notre comportement de consommateur. Les belles pommes rouges que vous voyez dans le présentoir ont été, en fait, astiquées avec une cire (produit ajouté au fruit) afin de les rendre plus attrayantes. Le jambon cuit qui a l’air appétissant a subi l’injection d’une saumure pour améliorer sa rubéfaction. Les céréales qui se vantent d’être une source de fibres sont souvent deux, quatre ou six fois plus riches en grammes de sucres qu’en grammes de fibres (Special K aux baies rouges, Mini-Wheats, Krave de Kellogg’s, etc.). Que devrions-nous penser de toutes ces boissons énergisantes néfastes qui envahissent le marché depuis quelques années? Les exemples se comptent par dizaine.

Nous pourrions conclure ce billet en disant que le supermarché contemporain est une sorte de désert du réel, soit la disparition, ou devrais-je dire, l’absence de l’assurance d’une alimentation saine ainsi que l’absence d’une quiétude du choix sans influence. Personnellement, je recommanderais au Ministère de l’Éducation du Québec d’insérer, dès le secondaire, un cours sur les mille et une sournoiseries de l’alimentation.

Actualité médiatique : La chute de la publicité papier

Mon billet de cette semaine porte sur le changement des habitudes de la publicité au niveau du choix du média utilisé. L’idée de concocter un texte sur ce sujet m’est venue lors de la lecture d’un article portant sur le célèbre magazine américain, la Sélection du Reader’s Digest. Celui-ci est présentement placé sous la protection de la loi sur les faillites. Étonnamment, c’est la deuxième fois en seulement quatre ans, que le holding Reader’s Digest Association (RDA) se voit dans l’obligation de se tourner vers cette avenue.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce populaire magazine, ce mensuel est distribué dans une cinquantaine de pays, en 21 langues. Son existence date de 1922 et la version française est réalisée à Montréal depuis 1948.

Au dernier relevé américain (2011), le nombre d’exemplaires vendus se chiffrait à 5,5 millions par numéro. Dans la même année au Québec, le magazine s’est vendu à près de deux millions de copies. Avec ce nombre impressionnant de ventes, comment se fait-il qu’on puisse parler d’une situation mise en tutelle au niveau de cette « institution » qui fait partie, sans l’ombre d’un doute, des habitudes de consommation de notre société contemporaine, et ce, depuis près d’un siècle?

La réponse à cette question est la chute drastique des revenus publicitaires. En effet, les stratégies marketing des entreprises ont bien changé depuis l’avènement d’Internet. Selon un article de Radio-Canada, paru le 13 novembre 2012, Google dépasse maintenant la presse papier américaine dans le domaine des revenus publicitaires.

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Au cours des six premiers mois de 2012, Google a atteint le cap des 20,8 milliards en dollars américains, tandis que les médias imprimés se sont forgé un revenu de 19,2 milliards. Radio-Canada mentionne toutefois que les revenus « versions en ligne » des journaux ne sont pas comptabilisés. Quand même, on note ici une tendance à la baisse des revenus publicitaires sur papier au cours des six dernières années comparativement à une hausse pour le Web. Ceci est quand même paradoxal lorsqu’on pense que Google, qui n’existe que depuis 14 ans, menace déjà l’ensemble de l’industrie de la publicité sur papier qui elle, date de plus de cent ans.

Selon un autre article publié sur Clubic, la publicité sur Internet aux États-Unis n’est maintenant devancée que par celle de la télévision. Avec la popularité grandissante des « smartphones », il ne serait guère étonnant que le Web accède à la première place d’ici peu. D’ailleurs, ce dernier est actuellement le seul média à progresser au niveau de la publicité.

Pour en revenir au Reader’s Digest, un autre problème, à mon avis, est le public cible du magazine qui vieillit et qui consomme moins. De plus, la culture de masse de la génération X est plutôt encline à utiliser Internet de façon régulière. La génération Y, quant à elle, est l’avenir du bien consommable et c’est vers elle que les publicistes se tournent.

Il reste à voir si le magazine se sortira de cette impasse. Il est aussi à parier que sa version papier est peut-être appelée à disparaître. Est-ce que l’entreprise misera uniquement sur du contenu virtuel afin de rejoindre la « masse »? Saura-t-elle rajeunir son image?

L’avènement de l’imprimerie et de la photographie ont mené à la dématérialisation de l’art. Depuis sa naissance, Internet progresse et mène à la dématérialisation de la publicité. Au lieu de l’avoir sur un support tangible comme le papier d’un journal ou sur le plexiglas d’une enseigne, elle devient virtuelle. D’ailleurs, le phénomène de la dématérialisation s’étend même jusqu’aux boutiques ayant pignon sur rue. Nous assistons depuis quelques années déjà à la naissance d’une myriade d’entreprises virtuelles. Ebay et Amazon sont des exemples probants. Les avantages sont nombreux; réduction des coûts d’exploitation (élimination de la location d’un local au centre-ville, de l’ameublement de bureau et de l’entretien ménager, baisse du nombre d’employés), augmentation de la clientèle (mondialisation), etc.

Depuis plus d’une décennie, le comportement du consommateur a fortement été influencé par l’arrivée d’Internet. Le commerce électronique a pris énormément d’ampleur et par conséquent, les entreprises ont, elles aussi, modifié leur approche face à leur budget publicitaire, jadis, orienté vers les journaux, magazines et télévision.

L’illusion d’un choix

Dans la vie, avons-nous le choix? Pardon, je rectifie : dans la vie, avons-nous la liberté de choisir un « vrai choix » ? De prime abord, je dirais non. Dès la naissance, ça augure mal : nous n’avons pas choisi de venir au monde, décision appartenant à nos parents. Et encore, paraît-il que celle-ci provient de l’au-delà, c’est-à-dire qu’il faut revenir sur terre afin d’accomplir notre mission qui consiste à améliorer les faiblesses que nous avons vécues lors de nos vies précédentes. Mais cette théorie, bien que plausible, est fort discutable, car le voile de l’incarnation nous empêche de la vérifier.

Afin d’argumenter mon affirmation sur le « vrai choix », je dirais que tout au long de notre vie, nous sommes confrontés à des choix relatifs et non absolus. Ces choix relatifs sont justement relatifs à des choix imposés, mais pas véritablement choisis par l’homme. Je crois davantage au destin et que les hasards n’existent pas. Ce sont davantage d’heureuses coïncidences liées au destin en question. Mes propos peuvent vous paraître ambigus. Je vous explique…

S’il y a une étape dans la vie où les choix sont restreints, c’est bien l’enfance. Afin de nous indiquer le « droit » chemin, nos parents prennent, bien évidemment, la plupart des décisions à notre place. Par la suite, l’éducation nous est imposée jusqu’à l’âge adulte. Pour ceux qui se désistent, le marché du travail les attend. Sinon, c’est l’aide sociale. Ont-ils vraiment le choix? Ou plutôt, ont-ils un choix absolu? Étudier, travailler ou ne rien faire. S’ils étudient, c’est surtout pour avoir une vie meilleure… d’ici la mort – qui nous est imposée – sur laquelle nous n’avons aucun contrôle. Quelle sera la date fatidique? De quoi vais-je mourir? Vieillesse? Accident? Maladie?

Pour ceux qui détestent les études à s’en confesser, ces gens doivent opter pour le marché du travail. Ils le feront pour avoir, eux aussi, une vie acceptable d’ici l’arrivée du grand voyage. Pour ceux qui ne veulent faire ni l’un ni l’autre, iront sur l’aide sociale pour survivre… d’ici leur décès.

Au niveau familial, avons-nous eu un choix absolu de choisir notre conjointe? Je dirais que c’est le destin qui a choisi pour nous. La relation s’est créée à cause que l’âme soeur s’est retrouvée sur notre chemin lors d’une rencontre fortuite. Sur la planète, il y a sûrement, quelqu’un, quelque part, avec qui on s’entendrait à merveille, et ce, à tous les points de vue : caractère, goûts, intérêts, etc. Cependant, il est impossible de trouver cette perle unique.

Au niveau des enfants, avons-nous le choix d’en avoir? Certains couples ne peuvent pas. De plus, pouvons-nous choisir le sexe? Une progéniture sans handicap? On se croise les doigts et si la vie nous favorise, nous pouvons remercier notre destin.

Socialement parlant, avons-nous le choix de ne pas respirer la fumée secondaire à l’entrée de l’université ou ailleurs dans les rues? De sombrer ou non dans l’alcool, dans la drogue? Pouvons-nous regarder une émission de télé sans être constamment confrontés à des publicités? Pouvons-nous décider d’avoir une fin de semaine de trois jours? Pouvons-nous décider que les voitures à essence, c’est terminé? Que le modèle économique d’une nation ne serait plus basé sur l’argent?

En conclusion, je suis d’avis que tous les choix que nous faisons au fil des jours ne sont qu’une illusion et certains sont davantage déguisés que d’autres. Autrement dit, je dirais que notre vie est un karma lié au destin. Un vieil adage dit qu’il y a deux côtés sur une médaille. Même si nous choisissons le premier côté en pensant que c’est le meilleur des deux, l’autre nous confrontera un peu plus tard, d’une façon ou d’une autre, car cela devait nous arriver dans notre cheminement sur terre.

Le destin d’une vie est un tracé d’épreuves et de parcelles de bonheur. Avoir le choix absolu, je choisirais autre chose que le destin.

La création d’une aura

À quel moment peut-on parler de la création de l’aura d’un objet ou d’un personnage? La réponse peut être très subjective, car tout est une question d’émotions versus l’intérêt qu’on attribue au sujet. À cela, nous pourrions aussi ajouter le contexte historique de l’objet et la notoriété de l’individu. Pour les objets – peinture ou pièce de collection –, le temps qui passe fait en sorte que l’aura augmente graduellement avec les années. Plus l’époque est lointaine, plus l’objet prend généralement de la valeur. On peut remarquer ce phénomène avec les pièces de monnaie, les timbres, les meubles antiques et même les cartes de hockey.

Dans le cas d’une personne, peut-on seulement attribuer son aura à sa notoriété? En principe, j’aurais tendance à répondre dans l’affirmative, c’est-à-dire que le statut social d’un individu, qu’il soit éboueur ou premier ministre, influence généralement le degré de « création » d’une possible aura. Cependant, surviennent parfois dans la vie, des situations qui permettent l’apparition d’une aura aussi insoupçonné qu’inattendu, et ce, plus rapidement qu’on pense…

L’artiste américain Andy Warhol a déjà déclaré que chacun dans le futur, aura droit à son quinze minutes de célébrité. On pourrait débattre longtemps sur cette phrase et on ne peut pas dire que celle-ci soit véridique, car ce n’est qu’une opinion. Quoi qu’il en soit, je peux vous dire que ce fait s’est réalisé dans mon cas, et même plus de quinze minutes. Durant cette période, j’ai ressenti la présence d’une aura. Si on porte attention à la définition de ce mot (aura), voici ce qu’on y apprend de façon précise :

Atmosphère psychologique subtile et subjective réfractive ou tonique, semblant émaner de certaines personnes.

J’ai une histoire à vous raconter. Je tiens à préciser que je vous la partage en toute modestie, et ce, dans l’unique but de nourrir le présent billet, car l’expérience que j’ai vécue se rapporte bien au sujet traité. Voici donc…

Depuis 2003, j’ai eu la chance de collaborer avec l’auteur-compositeur-interprète Gilles Valiquette en ce qui a trait à la création de son site Internet, mais aussi à la confection de quelques-unes de ses pochettes de disque.

À l’automne 2005, après plus de deux ans de travail, nous avons mis en ligne le site www.gillesvaliquette.com. Au début de 2006, son album enregistré devant public « Pour l’occasion » – dont j’ai eu la chance de concevoir la pochette –, fut lancé sur le marché.

La journée du lancement, Gilles Valiquette est invité à l’émission « Salut Bonjour! » présenté tous les matins, depuis bon nombre d’années, à TVA. Les cotes d’écoute sont importantes. Bien entendu, il est impératif pour moi d’écouter l’émission. L’entrevue va bon train et l’animateur interviewe l’artiste au sujet de sa carrière et de son plus récent album. Par la suite, la discussion bifurque sur la présentation du site Internet et c’est à ce moment que M. Valiquette mentionne que la conception du site provient de son plus grand admirateur, qui est basé à Rouyn-Noranda dont le nom est Richard Lupien. En direct, on peut même y apercevoir des images de l’interface du site et certaines animations. Assis, tout seul dans mon salon, j’étais saisi par l’émotion. Wow!

C’est à partir de ce moment que j’ai senti l’apparition de la fameuse aura :

  • Le téléphone s’est mis à sonner. Certaines personnes de ma famille m’ont appelé et même des connaissances qui, de coutume, ne m’appellent jamais;
  • J’ai reçu des courriels d’amis, de connaissances et d’inconnus qui voulaient avoir une soumission pour la conception d’un site Internet;
  • Des dizaines de commentaires élogieux ont été envoyés par le biais de la section « Contactez-nous » du site Internet (que M. Valiquette m’a gentiment transférés);
  • Une journaliste de Radio-Nord m’a appelé pour une entrevue à la télévision;
  • Un journaliste de l’Abitibi Express m’a contacté pour une interview;
  • Le directeur du Festival des guitares du monde m’a offert une proposition afin de concevoir la nouvelle interface du site Internet du Festival;
  • Certaines personnes m’ont apostrophé dans les magasins.

J’ai été choyé de vivre ce genre d’événement et c’est un moment dans ma vie que je n’oublierai jamais. Par contre, je n’aurais pas voulu de cette aura ad vitam æternam. Accepter la responsabilité de le porter a quelque chose de pervers : permettre à autrui d’accaparer sa vie privée. Cela peut être lourd à assumer. L’aura a prématurément coûté la vie au célèbre Michael Jackson; Serge Fiori, ex-fondateur d’Harmonium, s’en est débarrassé et n’a pas fait de disque sous son nom depuis presque trente ans. Personnellement, moi, qui était seul dans mon salon, à l’abri de tous les regards indiscrets entre les quatre murs de mon condo, situé dans une région éloignée comme l’Abitibi, j’ai senti une fuite. La fuite de l’intimité. Soudainement, une caméra était braquée sur moi, comme dans le film « The Truman Show » avec l’acteur Jim Carrey. Quelque chose d’aseptisé, de factice est apparu. Je crois qu’avec le temps, j’aurais été inconfortable d’être forcé de cohabiter avec cette aura car il faut le dire, celui-ci est hors de notre contrôle. Heureusement, le mien s’est évaporé et ne m’a laissé que de bons souvenirs.

Tout ceci pour dire, bien humblement, que l’aura n’a d’existence qu’à partir du moment où les gens veulent bien y accorder une attention.

Mon cheminement dans le monde du graphisme

Infographiste de métier, musicien par passion!

Diplômé en graphisme du Cégep de Sherbrooke en 1993, j’exerce le métier d’infographiste depuis 20 ans. J’ai travaillé quelques années dans le domaine du lettrage avant de retourner aux études à Montréal afin d’apprendre les rudiments de l’informatique à la Cinac où j’ai décroché un diplôme professionnel en infographie. Depuis, j’ai travaillé plus de 5 ans chez Télébec Informatique et 6 ans chez Arkys Systèmes. J’ai aussi passé quelques mois à Sainte-Adèle en 2001 où j’ai collaboré en tant qu’illustrateur et coloriste au jeu vidéo éducatif « Les pierres magiques » de la compagnie I.C.E. Multimédia.

Depuis presque 10 ans, je m’occupe du site web de l’auteur-compositeur-interprète Gilles Valiquette, l’une de mes idoles au niveau musical. Avec lui, j’ai eu la chance de réaliser quelques pochettes de disque et de développer une véritable passion pour la guitare et pour les instruments de musique en général.

Étant plus jeune, j’ai fait quelques albums de bande dessinée et oeuvré plus tard, au journal La Frontière en tant que bédéiste et caricaturiste.

Au mitan de ma vie et de retour sur les bancs d’école, je suis venu me ressourcer au niveau professionnel avant d’entamer la deuxième portion de ma carrière dans le domaine du graphisme.